picturetank.com
Français Anglais Retour Retour

surf safari


Alexa Brunet

Que fait le surfeur lorsqu’il ne barbote pas dans l’eau de mer, à l’affût de la vague qui procure des sensations fugaces mais méritées ? Est-il cet être de légende, blond, bronzé, bien bâti, cool jusqu’au bout des ongles, toujours libre, et entouré de sirènes, l’oreille collée au portable, en communication directe avec les éléments et les dénicheurs de spots ? Quel langage obscur emploie-t-il donc? Où se cache-t-il, où s’exhibe-t-il ? Quels sont ses itinéraires, ses habitudes nocturnes et diurnes, vit-il en bande en van, ou seul, dans un break, sur un parking face à la mer ? Et qui sont ses modèles, ces héros de la glisse, qui défient la force de l’océan et les restes de la soirée de la veille, pour aller toujours plus loin, plus haut, et plus vite que la pesanteur ? Fin septembre 2005, pendant la semaine d'une étape des championnats du monde à Hossegor, j’ai profité d’un rassemblement des troupes pour me pencher sur ce spécimen méconnu et mythifié. J’ai traqué la bête dans sa tanière, j’ai suivi ses traces et ses ébats, ses engouements, ses craintes, ses désirs inassouvis de « ride » face à une mer désespérément ondulée. Car, face aux géants de la marque et du spectacle, au monde du show-biz et de l’artifice, il existe une race de surfeurs passionnés, solidaires et fauchés, qui profitent de l’aube ou de la pause déjeuner pour sortir leur planche, et guettent avidement les variations du large, prêts à faire des kilomètres de piste pour dénicher le spot dépeuplé.



top
Retour Retour